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Reportage — Alternatives

VIDÉO - Leurs concerts carburent au solaire

À l’aide de panneaux solaires installés sur des vélos, des artistes se déplacent d’une ville à l’autre en rechargeant des batteries qui alimenteront leurs spectacles. Objectif : n’utiliser que 1 kWh par prestation.

Saint-Agathon (Côtes-d’Armor), reportage

Il est 9 heures à l’hôtel Ibis de Saint-Brieuc. Après leur concert la nuit dernière dans un jardin bucolique, les artistes d’Organic Orchestra avalent un copieux petit déjeuner avant d’enfourcher chacun leur vélo remorque. Cap sur Saint-Agathon, petite bourgade aux abords de Guingamp. « On part pour deux heures de trajet au gré des départementales », explique gaiement Ezra, directeur artistique de la compagnie. Un voyage d’une trentaine de kilomètres avec des remorques lestées d’enceintes et d’appareils électroniques. « Le tout pèse entre 50 et 80 kilos. Dans les côtes, on s’autorise à activer l’assistance électrique. »

« On ne pompe jamais toute la batterie, sans quoi nous n’avons plus d’électricité pour le spectacle du soir, précise Paul, ingénieur énergie et lumière de la troupe, dont la tournée s’est terminée fin septembre. Jusqu’à présent, cela ne nous est jamais arrivé. » De cette contrainte, la compagnie en a fait une force : « On n’a pas besoin de raccordement au réseau, on est nomades, on peut jouer aussi bien dans un jardin que dans un parc ou une friche. » Une autonomie permettant une véritable alternative aux spectacles très consommateurs en énergie.



Sur chaque remorque, deux panneaux photovoltaïques trônent, rechargeant les précieuses batteries qui servent de propulsion le jour et d’alimentation la nuit. Une énergie solaire qui, couplée à une mobilité douce, favorise la sobriété énergétique et donc l’autonomie. « On consomme en moyenne 1 kilowattheure (kWh) par spectacle. C’est environ dix minutes de douche chaude, vingt minutes de climatisation, un cycle de lave-linge », précise Paul. Une faible consommation rendue possible par des instruments sobres en énergie, tout comme les logiciels qui ont été fabriqués maison. Côté public, l’assistance est limitée à 150 personnes. La dimension locale des tournées — la troupe peut rester plus d’une semaine dans le même département — permet d’ailleurs de limiter la durée des trajets en voiture du public.

La démarche artistique détonne également : le spectacle mobilise tous les talents — chant, beatbox, « VJing » (la performance visuelle en temps réel) — pour raconter l’histoire d’une cité fantastique née après l’effondrement de notre civilisation. Des témoignages d’individus rencontrés durant leur voyage permettent de dessiner les contours de ce monde fictif projeté en 2070.

C’est maintenant que tout se joue…

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