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Un groupe de militants écologistes illégalement emprisonné en Iran

8 juillet 2019



Les familles d’écologistes emprisonnés en Iran ont adressé le 28 juin une seconde lettre au responsable du pouvoir judiciaire en Iran, demandant la libération de leurs proches : ils indiquent que ces défenseurs de l’environnement n’ont pas bénéficié d’un procès équitable, que des infractions ont été constatées et que leurs proches restent emprisonnés eux aussi. Leur première une lettre envoyée il y a deux mois est restée sans réponse, et la « procédure illégale » continue.

Les écologistes de la Persian Wildlife Heritage Foundation, un groupe environnemental local, ont été arrêtés en janvier de l’année dernière. Il s’agit de l’Américain d’origine iranienne Morad Tahbaz et les Iraniens Taher Qadirian, Houman Jokar, Amirhossein Khaleqi, Niloufar Bayani, Abdolreza Kouhpayeh, Sam Rajabi et Sepideh Kashani sont toujours en prison.

Kavous Seyyed-Emami, 63 ans, un Canadien d’origine iranienne, le fondateur de la Persian Wildlife Heritage Foundation, spécialiste renommé de l’environnement et professeur de sociologie, avait également été arrêté avec les autres. Il est décédé quelques semaines après son arrivée en prison dans des circonstances inhabituelles et suspectes. Les autorités pénitentiaires ont dit à la famille qu’il s’était suicidé, mais la famille n’y croit pas.

Dans la lettre adressée au pouvoir judiciaire, les familles soulignent que la détention de leurs proches est illégale, et contraire aux règles de procédure pénale du pays. Ils mentionnent l’article 242, qui stipule que, dans les affaires autres que l’assassinat, les suspects ne peuvent être placés en détention provisoire plus de 12 mois. Et ils sont en détention depuis déjà plus de 18 mois.

Au cours de cette période, les familles ont souligné que le ministère de la justice n’avait pas été en mesure de présenter un seul élément de preuve contre les écologistes. En conséquence, elles réclament leur libération immédiate.

La communauté internationale a attiré l’attention sur la situation, les Nations Unies ayant formulé des observations. Un mois après leur incarcération, l’ONU a déclaré que les accusations d’espionnage étaient très difficiles à comprendre et que l’écologie ne devrait jamais être assimilée à de l’espionnage ou considérée comme un délit, dans le monde entier, y compris en Iran.

En octobre dernier, Human Rights Watch a également commenté la situation, qualifiant de « ridicule », le traitement et les accusations portés contre les environnementalistes.

L’année dernière, dans une lettre ouverte aux dirigeants du pays, les familles des personnes détenues ont décrit leurs proches comme étant « parmi les meilleurs et les plus brillants militants et experts de l’environnement ».






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Photo : Stop Fundamentalism

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