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Total démarre sa bioraffinerie de la Mède

3 juillet 2019



Mercredi 3 juillet, Total a annoncé le démarrage de sa bioraffinerie de la Mède, à Châteauneuf-les-Martigues, dans les Bouches-du-Rhône.

« La bioraffinerie produira du biodiesel ainsi que du biojet pour l’aviation », a indiqué la multinationale pétrolière dans un communiqué, tout en assurant que « ces biocarburants seront produits pour 60-70% à partir d’huiles végétales 100% durables (colza, palme, tournesol) ». Total a également affirmé s’être engagé « à traiter chaque année au maximum 300.000 tonnes d’huile de palme — soit moins de 50 % du volume des matières premières nécessaires ».

Dans un communiqué, les Amis de la Terre France et Canopée ont dénoncé « l’entêtement du groupe pétrolier alors que, d’ici six mois, l’huile de palme devrait être exclue de la liste des biocarburants ». En décembre 2018, dans le cadre l’examen du projet de loi de finances (PLF), l’Assemblée nationale a voté l’exclusion des produits à l’huile de palme de la liste des biocarburants à partir du 1er janvier 2020. Cette exclusion priverait ainsi Total d’un avantage fiscal représentant environ 100 millions d’euros par an.

« Depuis plusieurs mois, Total laisse entendre que le démarrage de la bioraffinerie de la Mède est imminent. Une stratégie de diversion pour faire oublier que, dans six mois, le couperet tombera et que ce projet sera condamné économiquement. En coulisse, Total est en train de manœuvrer pour mettre la pression sur les députés et le gouvernement, et essayer de faire changer la loi », a indiqué Sylvain Angerand, président de Canopée et porte-parole de la fédération des Amis de la Terre France.

France Nature Environnement a rappelé pour sa part son opposition à ce projet : « 450.000 tonnes d’huiles végétales brutes dont l’huile de palme provenant de monocultures dévastatrices pour les sols et aggravant la déforestation des forêts tropicales indonésiennes et sud-américaines, a déclaré l’association dans un communiqué. Au drame de la déforestation importée s’ajoute celui de la pollution insoutenable du transport par cargo, fonctionnant au fioul lourd. » À cela s’ajoute, selon FNE, « l’irrationalité devant l’enjeu de mobilité de demain — moins de transports routiers, développement des mobilités actives et des transports collectifs — et l’aberration des agrocarburants de 1re génération, qu’il s’agisse d’huile de palme ou de colza, car ils entrent directement en compétition avec la production alimentaire ».






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