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Sur fond de conflit foncier, un leader autochtone assassiné au Costa-Rica

7 mars 2020



Yehry Rivera, 45 ans, leader de la communauté de Brörán, a été abattu le 24 février à Térraba, au Costa Rica, par un groupe de locaux armés de bâtons, de machettes, de pierres et d’au moins un pistolet.

Plusieurs groupes de défense des droits humains avaient mis en garde les autorités ces derniers jours sur la violence des groupes non autochtones. Ces groupes s’opposent violemment aux Brörán et aux autres Autochtones qui cherchent à récupérer leurs terres ancestrales, conformément à la loi de 1977 sur les peuples autochtones qui leur reconnaît 24 territoires, exclusivement réservés aux communautés ayant des liens historiques avec la terre. Mais cette loi n’a jamais été appliquée. Les Bribri et les Brörán ont donc repris possession de certaines terres, mais près de la moitié des territoires Brörán et Bribri sont toujours occupés par des forestiers et des agriculteurs non autochtones, qui revendiquent leurs droits de propriété et d’héritage.

Les habitants de Bribri et de Brörán sont ainsi depuis plusieurs années victimes d’une série d’attaques violentes, de harcèlement raciste et de procès fabriqués. En 2013, Rivera avait survécu à une attaque violente alors qu’il tentait d’arrêter les bûcherons illégaux. L’auteur présumé avait été libéré après avoir reçu l’ordre de ne pas retourner à Térraba pendant six mois. En 2015, la Commission interaméricaine des droits de l’homme avait demandé aux autorités costaricaines de protéger la vie et l’intégrité physique des peuples Bribri et Brörán. Rivera, Delgado et Ortiz étaient apparemment « sous protection » lorsqu’ils ont été attaqués.

Le Costa Rica compte huit groupes ethniques autochtones totalisant 105 000 personnes, ce qui représente environ 2,4 % de la population totale.

Le meurtre survient à peine deux semaines après que Mainor Ortiz Delgado, 29 ans, un chef du peuple indigène Bribri de Salitre voisin, a été blessé dans une attaque à l’arme à feu et moins d’un an depuis que Sergio Rojas Ortiz, 59 ans, a été abattu, deux cas qui restent impunis.

Le gouvernement s’est engagé à enquêter sur la liste croissante des crimes, mais nie toute responsabilité dans la vague de violence. Le président Carlos Alvarado a condamné le meurtre sur Twitter et a confirmé qu’un homme avait été arrêté.






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