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Six ans de prison pour un blogueur vietnamien écolo qui avait appelé à des manifestations pacifiques

3 juillet 2019



Nguyen Ngoc Anh, éleveur de crevettes âgé de 39 ans et militant vietnamien pour le climat, a été condamné début juin, à six ans de prison. Il est accusé d’avoir « produit et diffusé des informations et des documents visant à mettre en péril le pays », d’après l’agence de presse vietnamienne. Selon l’acte d’accusation, Anh aurait écrit sur Facebook des publications incitant les gens à se joindre aux manifestations pacifiques en juin et septembre et posté sur Facebook des publications « antiétatiques ».

Anh protestait contre l’entreprise taïwanaise Formosa Ha Tinh Steel, que le gouvernement vietnamien avait pourtant reconnu coupable d’avoir tué des centaines de tonnes de poisson au large des côtes du centre du Vietnam en 2016. Il avait également exprimé son soutien aux prisonniers politiques détenus au Vietnam.

L’Union européenne (UE), qui a signé le 30 juin dernier un accord commercial avec le Vietnam, a appelé à sa libération immédiate. Les militants des droits de l’Homme au Vietnam parlent d’une « répression en cours » contre les dissidents, notamment ceux qui défendent l’environnement. Anh devra rester en résidence surveillée pendant cinq ans encore après la fin de sa peine de six ans d’emprisonnement.

L’UE demande que les autorités vietnamiennes « libèrent Nguyen Ngoc Anh et tous les défenseurs des droits humains (dont l’environnement) emprisonnés pour avoir exprimé pacifiquement leurs points de vue ». Phil Robertson, directeur adjoint de Human Rights Watch pour l’Asie, a déclaré mercredi que le procès s’inscrivait dans le cadre d’une « répression pour intimider ceux qui pourraient oser mettre en doute l’action du gouvernement ».

Dans le cadre de la nouvelle loi draconienne sur la cybersécurité entrée en vigueur au Vietnam en janvier 2019, Facebook, Google et les autres entreprises du secteur de la technologie sont tenues de stocker localement des données personnelles « importantes » sur leurs utilisateurs au Vietnam, pour les transmettre ensuite au gouvernement.

E.S.






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