Lorène Lavocat (Reporterre)"/>
Journal indépendant, en accès libre pour tous, sans publicité ni actionnaire, financé par les dons de ses lecteurs
Recevoir la lettre d'info

Régionales 2022

Régionales : les Verts partent à l’offensive

Ils se défendent certes de toute velléité hégémonique mais les Verts sont déterminés à ne pas jouer les seconds rôles lors des élections régionales, prévues pour juin. Pour gagner, Europe Écologie — Les Verts va s’appuyer sur ses laboratoires municipaux.

Après leurs succès européen et municipal, les Verts espèrent confirmer l’essai lors des élections régionales, prévues les 13 et 20 juin prochains. « On assiste à une montée en puissance de l’écologie dans la population, mais aussi au niveau politique, a constaté, combatif, le secrétaire national du parti, Julien Bayou, lors d’une conférence de presse mercredi 31 mars. Avec les régionales, nous voulons réaliser une consolidation de l’écologie politique. »

Pour gagner, Europe Écologie — Les Verts (EELV) entend s’appuyer sur ses laboratoires municipaux : « Le gouvernement parle beaucoup mais agit peu, on le voit avec le projet de loi Climat, vidé de son sens, a affirmé Sandra Regol, secrétaire nationale adjointe. En face, les écologistes agissent, dans les villes, dans les métropoles, comme à Lyon où on a instauré un RSA jeune [1]… Demain, à l’échelle régionale, on peut réaliser ce que le gouvernement rechigne à faire. » Dans chaque région, les têtes de liste Vertes ont ainsi repris à leur compte certaines des préconisations des 150 citoyennes et citoyens : l’alternative végétarienne quotidienne à la cantine en Île-de-France, le soutien renforcé à l’agriculture bio dans les Hauts-de-France, un plan ferroviaire à 1,5 milliard d’euros en Auvergne-Rhône-Alpes…

« Mettre en avant [leur] cohérence », comme les intervenants l’ont répété, suffira-t-il pour l’emporter, alors même que la droite est donnée en tête dans plusieurs régions ? Mercredi 31 mars, la délicate question du rassemblement à gauche était dans la bouche de tous les journalistes. Car à ce jour, les forces progressistes et écologistes peinent à s’unir, mis à part dans les Hauts-de-France, où Karima Deli (EELV) est parvenue à construire une union derrière elle.

Karima Delli, prochaine tête de liste aux élections régionales des Hauts-de-France.

Les Verts préfèrent prôner un rapprochement « en plusieurs étapes », à l’instar d’Éliane Romani, tête de liste dans le Grand-Est : « On avance vers le rassemblement, d’abord en rassemblant notre propre famille – les différents courants écologistes – puis en ouvrant aux forces de gauche, autour d’un projet résolument écologiste et social. En ce moment, on discute, rien n’est décidé. » Les partis ont encore un mois avant le dépôt définitif des candidatures.

« Évidemment que les régionales sont le premier tour de la présidentielle »

Qu’arrivera-t-il si les négociations échouent d’ici là ? En Centre-Val de Loire, Charles Fournier (EELV) se veut confiant : « Si on ne parvient pas au rassemblement pour le premier tour, on le fera pour le second tour, a-t-il expliqué. Nous serons les traits d’union de rassemblements très larges de second tour. » Lors d’un scrutin régional, seules les listes ayant obtenu plus de 10 % des suffrages au premier tour peuvent se maintenir au second tour ; en revanche, toutes les listes qui ont obtenu plus de 5 % peuvent fusionner avec celles qui restent dans la course. Les Verts peuvent donc avoir intérêt à se maintenir au premier tour, en espérant arriver en tête des forces de gauche, afin, ensuite, de réaliser l’union derrière eux.

La proposition de Jean-Luc Mélenchon d’accord électoral — « Acceptez qu’il y ait une région avec un tête de liste insoumise et on vous cède les têtes de listes dans les autres », a tweeté l’insoumis --- a d’ailleurs été vite balayée : « On ne va pas faire du troc de régions, a dit Julien Bayou, et surtout, on laisse chaque région décider de sa stratégie ; ce n’est pas la direction nationale qui décide ». Ainsi, même s’ils et elles « discutent » avec tout le monde, même si Julien Bayou se défend de toute velléité hégémonique – « nous sommes les seuls à gauche à avoir retiré notre candidat lors des présidentielles de 2017 » a-t-il rappelé – les écolos semblent déterminés à ne pas jouer les seconds rôles. Clairement, le parti Vert veut apparaître comme la principale alternative à la droite – extrême, classique ou macroniste : « L’avenir, c’est l’écologie, a soutenu M. Bayou. Le passé, c’est le Rassemblement national ; le présent, où il faut s’adapter sans cesse sans cap ni vision, c’est La République en marche. »

Car bien que le parti affirme « se focaliser sur les élections régionales avant tout », ils sont plusieurs à avoir 2022 en ligne de mire. « Évidemment que les régionales sont le premier tour de la présidentielle, a estimé Matthieu Orphelin, tête de liste (sans étiquette) dans les Pays de la Loire. Si on veut avoir un président écolo en 2022, il faut gagner trois ou quatre régions. C’est la dernière étape, après les élections européennes et les municipales, pour créer une dynamique et nous propulser pour 2022. »

Quant à l’appel de Yannick Jadot à « se mettre autour de la table » avec toutes les forces de gauche en vue des présidentielles, Julien Bayou a joué la carte de la tempérance : « On va d’abord élaborer un socle programmatique, à partir de juillet, puis on désignera notre champion en septembre, et ensuite, oui, il y aura des discussions pour un rassemblement », a-t-il rappelé.

C’est maintenant que tout se joue…

La communauté scientifique ne cesse d’alerter sur le désastre environnemental qui s’accélère et s’aggrave, la population est de plus en plus préoccupée, et pourtant, le sujet reste secondaire dans le paysage médiatique. Ce bouleversement étant le problème fondamental de ce siècle, nous estimons qu’il doit occuper une place centrale et quotidienne dans le traitement de l’actualité.
Contrairement à de nombreux autres médias, nous avons fait des choix drastiques :

  • celui de l’indépendance éditoriale, ne laissant aucune prise aux influences de pouvoirs. Reporterre est géré par une association d’intérêt général, à but non lucratif. Nous pensons qu’un média doit informer, et non être un outil d’influence de l’opinion au profit d’intérêts particuliers.
  • celui de l’ouverture : tous nos articles sont en libre accès, sans aucune restriction. Nous considérons que l’information est un bien public, nécessaire à la compréhension du monde et de ses enjeux. Son accès ne doit pas être conditionné par les ressources financières de chacun.
  • celui de la cohérence : Reporterre traite des bouleversements environnementaux, causés entre autres par la surconsommation, elle-même encouragée par la publicité. Le journal n’affiche donc strictement aucune publicité. Cela garantit l’absence de lien financier avec des entreprises, et renforce d’autant plus l’indépendance de la rédaction.

En résumé, Reporterre est un exemple rare dans le paysage médiatique : totalement indépendant, à but non lucratif, en accès libre, et sans publicité.
Le journal emploie une équipe de journalistes professionnels, qui produisent chaque jour des articles, enquêtes et reportages sur les enjeux environnementaux et sociaux. Nous faisons cela car nous pensons que la publication d’informations fiables, transparentes et accessibles à tous sur ces questions est une partie de la solution.

Vous comprenez donc pourquoi nous sollicitons votre soutien. Des dizaines de milliers de personnes viennent chaque jour s’informer sur Reporterre, et de plus en plus de lecteurs comme vous soutiennent le journal. Les dons de nos lecteurs représentent plus de 97% de nos ressources. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, le journal sera renforcé. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Recevoir gratuitement par e-mail les lettres d’info

Inscrivez-vous en moins d'une minute pour recevoir gratuitement par e-mail, au choix tous les jours ou toutes les semaines, une sélection des articles publiés par Reporterre.

S’inscrire