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Libertés

RADIO - Le gouvernement fait toujours plus reculer les libertés

Loi Sécurité globale, loi antiterrorisme, loi séparatisme : le gouvernement multiplie les textes répressifs et attentatoires aux libertés publiques. Radio Parleur et Reporterre ont analysé ce glissement sécuritaire dans une émission enregistrée le 20 mai, à écouter en ligne.

En quelques mois, le gouvernement a proposé pas moins de trois lois sécuritaires.

  • Enfin, le projet de loi relatif à la prévention d’actes de terrorisme et au renseignement a été présenté au conseil des ministres en avril. Il n’y a pas encore de calendrier parlementaire connu à ce stade, mais la majorité espère un vote avant la fin juillet.

L’esprit de ces lois et de nombreuses de leurs dispositions ont suscité la mobilisation des organisations de défense des droits humains et de nombreux collectifs, qui dénoncent des atteintes aux libertés et un tournant sécuritaire du gouvernement. Pour analyser ce mouvement répressif, Reporterre et Radio Parleur ont organisé une émission le 20 mai.

Sur le premier plateau, nous nous sommes interrogés : comment les militants pourront-ils encore lutter demain, malgré un arsenal répressif toujours plus musclé ? Pour y répondre, deux invitées : Noémie Levain, avocate et membre de la Quadrature du net, une association de défense et de promotion des droits et liberté sur Internet, membre de la coordination Stop loi Sécurité globale, et Brigitte Gothière, cofondatrice de l’association de défense des animaux L214.

Elles sont d’abord revenues sur la censure de nombreux articles par le Conseil constitutionnel obtenu par la coordination Stop loi Sécurité globale. Il a ensuite été question du projet de loi confortant le respect des principes de la République (dit « projet de loi contre le séparatisme ») supposé viser les activités potentiellement terroristes. Un de ses chapitres s’intéresse aux libertés associatives. L’article 8, par exemple, élargit les possibilités de dissolution d’une association et renforce la responsabilité de son président. La dissolution peut être prononcée en cas d’« agissements violents à l’encontre des personnes ou des biens ». Cela pourrait avoir de nombreuses conséquences sur les associations de défense de l’environnement et des droits sociaux, qui vont devoir rivaliser d’imagination pour continuer à se mobiliser.

Sur le second plateau, nous nous sommes intéressés aux menaces que ces nouvelles lois font peser sur l’État de droit. Pour en parler, Nicolas Krameyer, militant pour les droits humains qui a longtemps travaillé chez Amnesty, et Emmanuel Vire, secrétaire général du SNJ-CGT. Tous les deux sont membres de la coordination contre la loi Sécurité globale. Depuis les années 2015, marquées par les lois d’exception qui ont suivi les attentats, un certain nombre de mesures sont passées dans le droit commun : contrôles d’identité par les polices privées, palpations préventives, périmètres de protection pour les manifestation... Y-a-t-il un effet d’accoutumance à cette perte de droit et de libertés au profit d’un régime de surveillance ? Les militants ont-il peur d’aller en manifestation ? Ce continuum de loi crée-t-il un espace d’impunité pour la police, la gendarmerie ou les services de renseignement ?

Écoutez ici l’émission :

C’est maintenant que tout se joue…

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