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Mobilisation climat : faisons place à la vie

26 septembre 2020 / Youth For Climate, Désobéissance écolo Paris et d’autres collectifs écolos



Les vendredi 25 et samedi 26 septembre, à l’appel de Fridays For Future et Parents for Future, plus de 2.000 mobilisations en faveur de la lutte contre le changement climatique auront lieu dans le monde. À Paris, les organisations autrices de cette tribune appellent aussi à l’action.

Youth For Climate, Désobéissance écolo Paris et d’autres collectifs écolos se mobiliseront les 25 et 26 septembre.


Nous avons marché pour le climat, fait la grève, occupé des centres commerciaux, des places, pénétrés dans les sièges sociaux d’entreprises immondes. Friday For Future, Italie2, Châtelet, BlackRock. Nous sommes las.sses d’attendre de la part de l’État et des capitalistes une vie moins morne et moins révoltante. Ils ne changeront pas. La suite du monde doit s’organiser sans et contre eux.

En tant qu’écologistes, nous ne voulons pas vivre dans le monde qu’ils nous proposent. Un monde dans lequel la moindre banderole à un balcon peut être sanctionnée. Un monde dans lequel la police se sent libre d’occuper violemment les quartiers populaires. Dans la société qu’ils ont installée, organiser une cantine solidaire dans la rue, faire du foot sur une place ou organiser un concert demande un nombre incalculable d’autorisations et peut être criminalisé. Nous voulons pouvoir décider collectivement de l’usage de nos espaces et cela passe par leur réappropriation.

Nous avons besoin d’espaces, nous avons besoin de lieux.

Des lieux pour discuter, manger, dormir, danser, dessiner, jouer de la musique, lire, comploter. Des lieux pour faire nos banderoles, nos réunions, pour essayer de réinventer des relations sociales horizontales et échanger sur les systèmes de domination qui nous touchent ; des lieux pour se sentir bien. Nous ne comptons pas attendre indéfiniment. De tels lieux ne nous seront pas donnés. Il nous faut les prendre, nous les approprier selon notre usage.

Nous comptons donc occuper une place et les rues adjacentes à partir du samedi 26 septembre, date mondiale de la mobilisation climat. Nous avons choisi cette place parce qu’elle offre des espaces concrets d’organisation. L’objectif de cette occupation est de sortir des mobilisations symboliques et pacifiées qui, trop souvent, confortent la marche actuelle du monde et sont incapables de l’enrayer. En occupant cette place, nous comptons concrètement lutter contre les processus de marchandisation des espaces et des expériences de vie qui ont lieu dans ce quartier et qui se parent bien souvent d’un camouflage vert. Nous pensons que la meilleure manière de s’opposer aux promoteurs immobiliers qui rendent nos villes aseptisées, ternes et sans vie, c’est d’extraire un maximum d’espaces des logiques marchandes et de nuire à leurs aménagements greenwashés.

Là où ils veulent des places avec des restos branchés, nous voulons des cantines populaires et des concerts sauvages. À la place de leurs espaces de coworking, nous voulons des librairies autogérées et des ateliers d’éducation populaire. Contre leurs Airbnb ternes et leurs écoquartiers bétonnés, laissons des zones de friches et cultivons des jardins ouvriers. Ces espaces libérés ne seront pas des forteresses depuis lesquelles nous regarderons passivement le monde s’écrouler.






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Source : Courriel à Reporterre

Photo :
. chapô : en octobre 2019, place du Châtelet, à Paris. © Mathieu Génon/Reporterre

- Dans les tribunes, les auteurs expriment un point de vue propre, qui n’est pas nécessairement celui de la rédaction.
- Titre, chapô et intertitres sont de la rédaction.

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