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Malgré l’interdiction, les néonicotinoïdes tuent encore les abeilles

27 novembre 2019



Une étude réalisée par des chercheurs du CNRS, de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) et de l’Institut de l’abeille (ITSAP), publiée demain 28 novembre sur le site Science of the Total Environment, montre que les néonicotinoïdes restent présents dans l’environnement et continuent de tuer des pollinisateurs.

L’impact des néonicotinoïdes sur les pollinisateurs avait conduit à un moratoire de l’Union européenne sur trois substances, sur certaines cultures, en 2013 et à une interdiction en France en 2018. Mais des résidus continuaient d’être détectés. Les scientifiques ont donc recherché et quantifié les résidus de néonicotinoïdes dans le nectar de 291 parcelles (536 échantillons) de colza d’hiver pendant cinq années consécutives au moratoire européen, de 2014 à 2018.

Les chercheurs montrent que des résidus de ces insecticides, notamment l’imidaclopride, restent détectables dans le nectar de colza de 48 % des parcelles étudiées, avec d’importantes variations selon les années. La quantification des néonicotinoïdes présents a permis d’évaluer le risque pour les abeilles domestiques. Ainsi, trois années sur cinq, jusqu’à 12 % des parcelles présentaient une contamination pouvant entraîner la mort de 50 % des abeilles et bourdons les visitant.

« Ces résultats confortent l’idée que les résidus d’imidaclopride persistent et se diffusent dans l’environnement, pouvant se retrouver dans le nectar du colza, bien que cette culture ne soit elle-même plus traitée par ces produits depuis 2013. Ces travaux apportent ainsi un soutien à la récente extension du moratoire à une interdiction totale de toutes les cultures en extérieur, depuis septembre 2018, en France », conclue le CNRS dans son communiqué.






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