Accueil > Editorial > Brèves >

Les start-up de trottinettes électriques utilisées pour briser la grève du 5 décembre

2 décembre 2019



Les start-up de « la mobilité douce » jouent aux casseuses de grève. Alors que la mobilisation du 5 décembre 2019 s’annonce conséquente, les loueurs de trottinettes électriques qui se pâment d’être écologistes ont choisi leur camp. Ils ont signé un partenariat avec la direction de la RATP pour proposer des « alternatives aux transports en commun ». Ils profitent même de l’agitation sociale pour faire des offres promotionnelles.

Lime, le leader des trottinettes en libre-service prévoit un euro de réduction sur 25.000 trajets le 5 décembre puis 10 % de réduction pendant la suite du mouvement social. Dott et Uber offrent gratuitement les frais de déverrouillage deux fois par jour lors de la grève. Voi, l’opérateur suédois, offre 5 euros de crédit à tous les utilisateurs. Circ met en place un demi-tarif sur les courses en trottinettes. Cityscoot donne 45 minutes gratuites pour toute nouvelle inscription.

Début novembre, la RATP a publié un avis d’appel à candidature sur son site. Une quarantaine d’entreprises ont répondu et 32 ont été sélectionnées. La RATP s’engage à mettre en avant les services de ces entreprises et leur marque via ses médias numériques et sa campagne d’emailing prévue avant la grève. Des QR code affichés sur les écrans digitaux aux entrées des stations (notamment les stations fermées) renverront sur les propositions spéciales des partenaires. Des espaces RATP seront également mis en place dans la capitale et en banlieue pour des micro-ateliers de maintenance et rechargement (vélos, trottinettes…).

Cela montre la volonté de la direction de voir ce mouvement de grève échouer

« Le service public se met au service d’intérêts privés », dénoncent les syndicats. « C’est une provocation, s’insurge Frédéric Ruiz (CFE-CGC) joint par le Parisien. À première vue, ça peut partir d’un bon sentiment. Mais ça montre surtout la volonté de la direction de voir ce mouvement de grève échouer. Elle ne soutient pas ses salariés, alors que le mouvement n’est pas contre la Régie mais contre une réforme du gouvernement. »

Ce partenariat illustre aussi la position des start-up : une écologie anti-sociale qui brise les grèves et précarise les travailleurs, selon les opposants à ces partenariats. Un texte diffusé sur Paris-luttes.info appelle « à saboter les saboteurs ». « Avec ce partenariat, la RATP externalise et sous-traite la casse de la grève », analysent les auteur.e.s du texte. Pire, cette situation permet insidieusement « aux entreprises privées de faire main basse sur la politique des transports ».

« Profitons du temps libéré par la grève pour contribuer à la lutte et neutralisons les trottinettes électriques à partir du 5 décembre », enjoint le tract.






Vous avez aimé cet article ? Soutenez Reporterre.
Dans les mêmes dossiers       Transports