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Pesticides

Les coûts des pesticides pour la collectivité dépassent les bénéfices de leurs fabricants

Les pesticides coûtent cher aux citoyens européens. Ce constat est fait, chiffres à l’appui, dans un rapport publié ce mardi 30 novembre par les ONG Pollinis, CCFD-Terre Solidaire et le Basic, un bureau d’experts en analyse des coûts sociétaux de la consommation.

Intitulé "Pesticides : un modèle qui nous est cher", le document compare les bénéfices des quatre entreprises leader du marché des pesticides (Bayer, BASF, Corteva et Syngenta-ChemChina) au coût supporté par la collectivité. Résultat : « Le secteur des pesticides coûte deux fois plus cher aux citoyens qu’il ne rapporte aux firmes qui les fabriquent et les commercialisent. » Ainsi, en 2017 au sein de l’Union européenne, l’industrie des pesticides a fait 900 millions d’euros de bénéfices. En même temps, les dépenses publiques pour dépolluer l’eau ou soigner les maladies liées aux pesticides atteignaient 2,3 milliards d’euros.

« La faim persiste, la malnutrition augmente et les revenus des agriculteurs restent insuffisants »

« L’Union européenne offre près d’un demi-milliard d’euros par an au secteur en réduction de TVA, tandis que le système agro-industriel […] ne tient pas ses principales promesses : la faim persiste, la malnutrition augmente et les revenus des agriculteurs restent insuffisants », observe le rapport. Cela n’empêche pourtant pas les ventes de pesticides d’augmenter : elles ont été multipliées par deux en vingt ans, nous apprend le rapport. Mais alors que l’ensemble des citoyens en payent de plus en plus les coûts, « les bénéfices de ce secteur se concentrent entre les mains de quatre multinationales ».

Dans ce tableau, la France n’est pas en reste. Elle est le premier marché de pesticides au sein de l’Union européenne avec un quart des achats, soit environ trois milliards d’euros de ventes chaque année. « Une somme équivalente aux subventions publiques touchées par les agriculteurs pour protéger l’environnement », souligne le rapport. « Les résultats de cette étude confirment la nécessité d’une transition ambitieuse de nos systèmes agricoles et alimentaires, qui permettrait de s’affranchir des pesticides et d’atteindre la souveraineté alimentaire », estiment les auteurs.

Avec ces données, les ONG tentent d’interpeller les autorités européennes dans un moment d’intense débat autour des questions agricoles. La politique agricole commune tout juste adoptée ne remet pas en cause le système industriel. Le processus de ré-homologation du glyphosate a démarré. Et la France prend à partir de janvier la présidence française de l’Union européenne, alors qu’Emmanuel Macron a dit vouloir porter à cette occasion « une initiative forte » sur les pesticides. Reste à voir s’il tiendra cette fois-ci parole. En 2017, il s’était engagé sur une sortie du glyphosate en trois ans pour la France, avant d’enterrer la promesse.

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