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En plein été, le gouvernement sort un rapport sur l’avenir des forêts publiques

17 juillet 2019



La période estivale est propice à la sortie des rapports. D’autant plus lorsqu’ils sont encombrants. C’est ce que dénonce dans un communiqué le syndicat majoritaire des travailleurs de l’Office national des forêts, le Snupfen, en lutte contre la privatisation des forêts publiques.

Plus de quatre mois en retard, le rapport écrit par des hauts fonctionnaires, portant sur l’avenir de l’ONF, vient enfin d’être publié. En pleines vacances d’été. « C’est une stratégie d’endormissement, croit savoir Philippe Canal, porte-parole du Snupfen, joint par Reporterre. Le sujet est pourtant essentiel. Il concerne 10 % du territoire national et un quart des forêts françaises ».

Le 27 juin 2019, le gouvernement avait communiqué pour affirmer son attachement à l’Office et sa volonté de conserver « l’unité de gestion des forêts publiques, domaniales et communales, par un opérateur unique ». Il avait aussi rappelé «  le haut standard environnemental de la gestion forestière par l’ONF ».

Mais ces beaux discours n’ont pas convaincu les syndicalistes. Après lecture du rapport, leur constat reste mitigé. Pour eux, le diagnostic a bien été établi par les auteurs du rapport. « De toute manière, ce diagnostic est évident, note Philippe Canal. L’ONF souffre d’un déficit de financement et les engagements de l’État ne sont pas tenus. Les objectifs de récoltes sont irréalistes et les recette de bois sont en baisse constante. Nous sommes tous d’accord là-dessus ».

C’est sur les recommandations que le débat est vif. Pour le Snupfen, « la mission préconise les mêmes recettes éculées qui n’ont pas fonctionné : la réduction des effectifs, des missions, de la qualité de gestion… avec l’abandon proposé de 500 000 ha de forêts et milieux naturels communaux pas assez productifs ! L’accélération de la privatisation : arrêt définitif des recrutements de fonctionnaires, filialisation d’activités réalisées par 40% du personnel, exclusion de la « société civile » du futur Conseil d’Administration, adoption d’une logique d’entreprise privée qui agît dans son intérêt propre… et tant pis pour l’intérêt général ».

L’état engagera, à la rentrée, la mise en œuvre des recommandations du rapport. « Un plan de transformation sera engagé sur 5 ans, précise son communiqué, afin d’améliorer la performance de l’établissement, et accélérer la rationalisation des fonctions supports, la modernisation des systèmes d’information et sa révolution numérique ».






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