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Le changement climatique va faire disparaître jusqu’à 17 % de la biomasse des animaux marins

12 juin 2019



Une évaluation inédite des effets du changement climatique sur les écosystèmes marins a été publiée, mardi 11 juin, dans la revue scientifique étasunienne Proceedings of the National Academy of Sciences. Les résultats sont impressionnants : d’après les chercheurs du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), 17 % de la biomasse mondiale d’animaux marins pourrait disparaître d’ici 2100, si les émissions de CO2 se poursuivaient au rythme actuel.

Les scientifiques affirment que, quelle que soit l’évolution d’émissions de CO2 envisagée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), le poids total des animaux marins dans l’océan (poissons, invertébrés, mammifères marins) diminuera d’ici la fin du XXIe siècle. Si le réchauffement global planétaire se limitait à 2 °C d’ici 2100, la biomasse globale ne diminuerait que de 5 %.

Le changement climatique crée un stress majeur pour les écosystèmes marins. Les régions océaniques tempérées et tropicales sont les plus touchées par cette situation : selon les prévisions, en 80 ans, la biodiversité marine de ces zones devrait s’abaisser de 40 à 50 %. À l’inverse, la biomasse pourrait augmenter dans les régions polaires autour de l’Arctique et de l’Antarctique.

C’est la première fois qu’une étude révèle précisément l’ampleur de la menace. Une équipe internationale de 35 chercheurs, provenant de 12 pays, y est parvenue en utilisant une combinaison de plusieurs modèles : six modèles de l’écosystème marin global, associés à deux modèles climatiques et quatre scénarios d’émission de gaz à effet de serre (prévisions avec et sans la dimension pêche).

« Ces résultats montrent, à l’instar du nouveau rapport sur la biodiversité de l’IPBES, que le futur des écosystèmes marins dépendra fortement du changement climatique, indique Yunne Shin, biologiste marin à l’IRD. Les mesures de préservation de la biodiversité et de gestion des pêches doivent en conséquence être reconsidérées. »

Sources : Proceedings of the National Academy of Sciences, CNRS et IRD

Photo : Ganapathy Kumar/Unsplash (CC0)






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