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Le budget européen sabre le climat et la santé

22 juillet 2020



Les négociations qui se sont achevées mardi 22 juillet sur le plan de relance européen concernaient aussi le prochain cadre financier pluriannuel (CFP), le budget communautaire 2021-2027 de l’Union.

La proposition de Charles Michel, le président du Conseil, d’un budget de 1.074 milliards d’euros sur sept ans, a été adoptée. C’est cependant, en vue d’amadouer l’Autriche, le Danemark, la Finlande et les Pays-Bas, moins que les 1.100 milliards proposés en mai par la Commission européenne, et très loin des 1.300 milliards préconisés par le Parlement européen.

La contribution des Etats demeurera légèrement supérieure à 1 % de PIB, quand beaucoup appelaient à un effort plus marqué pour à la fois compenser le départ du Royaume-Uni, contributeur net, et financer les nouvelles priorités européennes.

Les besoins nationaux de liquidités à court terme ont pris le pas sur les investissements collectifs à moyen terme. Au point de ramener à la portion congrue certaines des enveloppes un temps prévues pour des secteurs pourtant présentés comme prioritaires et d’avenir depuis des mois.

Le Fonds européen de défense, qui doit permettre de cofinancer par l’UE des projets industriels communs, ne sera par exemple doté que de 7 milliards d’euros, contre 13 milliards d’abord annoncé. L’espace, autre dossier dans les mains à Bruxelles du commissaire français Thierry Breton , bénéficiera en revanche d’un budget de 15,7 milliards. Le sommet a beau s’être tenu sur fond de crise sanitaire, il a ravalé ses ambitions en matière « d’Europe de la santé » puisque le programme « EU4Health » a été tout bonnement supprimé, provoquant la colère de nombreux eurodéputés.

Alors que le « green deal » se veut le nouvel alpha et oméga des politiques communautaires, des dispositifs devant le soutenir ont été fortement revus à la baisse. Le « Fonds pour la transition juste », destiné à aider les pays les plus en retard à sortir du charbon (en particulier la Pologne), a été divisé par trois et ramené à 10 milliards d’euros.

Le coup est aussi dur pour la recherche : le programme « HorizonEU » est doté de 81 milliards d’euros, et non des 100 milliards d’abord escomptés. Le signal ne colle pas avec les ambitions affichées par l’Europe dans la course à la 5G et à l’intelligence artificielle.

Le programme Erasmus +, le plus populaire et le plus connu d’Europe, sera, lui, moins renforcé que prévu. Paris ne cache pas ses regrets face à ces coupes mais préfère se féliciter d’avoir conservé des enveloppes conséquentes pour la Politique agricole commune et les politiques de cohésion.

 Source : Les Echos






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