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Climat

Le 9 mai, près de 160 marches en France pour « clamer le désaveu généralisé de cette loi Climat »

Après l’adoption par l’Assemblée nationale du projet de loi Climat, plus de 690 organisations appellent à manifester dimanche 9 mai dans toute la France pour « clamer le désaveu généralisé » de cette loi. Près de 160 marches sont prévues.

« Cette loi devient le symbole du crash de la politique climatique d’Emmanuel Macron. » L’appel signé par plus de 690 organisations est sans équivoque. Après l’adoption par l’Assemblée nationale du projet de loi Climat et résilience, vanté par la majorité comme un « marqueur du quinquennat », la société civile s’estime « trahie » par le manque d’ambition du texte. Elle compte exprimer sa colère ce dimanche 9 mai, dans la rue, et exiger une loi de « rupture ». Toulouse, Lyon, Caen, Orléans... Près de 160 marches se tiendront dans toute la France.

« La loi Climat est une trahison du gouvernement par rapport aux propositions de la Convention citoyenne pour le climat », a déclaré Gabriel Mazzolini, des Amis de la Terre, lors d’une conférence de presse organisée le jeudi 6 mai à La Base, à Paris. « En l’état, la loi est déjà obsolète. C’est un rendez-vous raté avec le climat, la démocratie et la justice sociale », selon Meike Fink, du Réseau Action Climat, lors de la même conférence de presse.

Les organisations déplorent notamment que 21 % des amendements aient été jugés irrecevables. « Le débat a été verrouillé par la majorité ! » a poursuivi Meike Fink, « cette loi n’est pas le texte de rupture qui était nécessaire ». Par exemple, malgré l’affichage de l’interdiction des extensions d’aéroports, aucun des projets actuellement en débat n’est concerné, seules une à trois lignes aériennes intérieures fermeront, et l’objectif concernant la fin de vente des véhicules polluants ne concerne au final que 1 à 3 % des véhicules mis sur le marché.

La carte des marches prévues le 9 mai 2021, réalisée par les organisations.

« On ne peut pas continuer d’aller dans le mur »

« Le gouvernement n’a pas respecté sa promesse de transmettre “sans filtre” nos propositions, a regretté Patricia, membre des 150 de la Convention citoyenne pour le climat. C’est dommage, parce que c’était une expérience magnifique de démocratie participative, qui allait dans l’esprit d’une baisse importante des émissions de gaz à effet de serre et de justice sociale. » Dimanche, elle sera à la manifestation parisienne, « parce qu’on ne peut pas continuer d’aller dans le mur en se faisant endormir par de belles paroles ». Une référence à la communication dithyrambique du gouvernement sur le texte.

« Une nouvelle fois, cette loi montre la nocivité du gouvernement Macron sur la justice sociale : il fait le choix actif de protéger les multinationales et les riches, et dissimule son inaptitude à faire de l’écologie en faisant croire qu’écologie et social ne sont pas compatibles », a dit Manon Castagné, qui représentait le collectif Plus jamais ça !, qui a mené le 28 avril une action de sauvetage de la Chapelle-Darblay, dernière papeterie française à produire du papier 100 % recyclé.

Composé d’organisations syndicales, associatives et environnementales, qui luttent pour « reconstruire un futur écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral », ce collectif sera mis à l’honneur à l’avant du cortège parisien, dont le départ est prévu à 14 heures sur la place de la République, pour rejoindre Bastille. Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, pourrait être présent, selon les organisateurs.

Élodie Nace, porte-parole d’Alternatiba, s’est réjouie de ces « alliances », dans la perspective « de dénoncer une loi qui n’est pas à la hauteur des enjeux, mais aussi pour construire l’après ». Le texte est attendu au Sénat dans le courant de juin. « Les sénateurs doivent envoyer un message fort au gouvernement », a exhorté Meike Fink.

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