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Luttes

La lutte paye : plus de 20 victoires sur le front écolo

Les luttes écologistes remportent des victoires. Abandon de projets d’Amazon, de Decathlon, fin des pesticides dans les zones Natura 2000… tour d’horizon des bonnes nouvelles de cet automne.

On ne va pas se mentir, l’ambiance est morose, triste et déprimante. Pourtant, de petites lueurs d’espoir brillent au milieu de ce marasme ambiant. Elles font rarement la une des médias et les militants eux-mêmes rechignent à célébrer leurs victoires, les estimant souvent incomplètes. Pourtant, partout en France, les projets inutiles et polluants reculent grâce à la pugnacité des associations et collectifs qui combattent pour préserver leur territoire. Notre carte des luttes témoigne de leur vivacité et, parfois, de leurs succès. Alors pour se redonner un peu d’espoir avant les fêtes, Reporterre dresse un tour d’horizon des bonnes nouvelles de la saison.

• Amazon interdite

Les militants ont coupé l’appétit de l’ogre du e-commerce. Le 25 octobre dernier, Amazon a dû abandonner un projet d’entrepôt à Montbert (Loire-Atlantique) face à l’opposition locale. Quelques semaines plus tard, c’est dans le Gard qu’il a reculé. Enfin, alors que les travaux ont débuté sur le chantier d’un futur entrepôt à Caen, des opposants ont incendié ses bulldozers. Certes, il reste encore une dizaine de projets dans les cartons, mais la fronde s’amplifie et se structure, notamment grâce à l’aide des Amis de la Terre.

• Je lui ai dit... laisse béton

Il n’y aura pas d’entrepôt logistique à Sarcey (Rhône). Le tribunal administratif de Lyon a annulé le 12 octobre son autorisation environnementale. À Lille, le projet de la friche Saint-Sauveur est suspendu pour vice de procédure par le tribunal administratif. Sa déclaration d’intérêt général est ainsi annulée. La Métropole doit revoir sa copie.

• Ni Billy, ni Quechua

C’est un autre géant commercial moins critiqué, mais tout autant consommateur de terres arables. Au Mans (Sarthe), la justice a mis des bâtons dans les étagères d’Ikea qui devait construire un centre commercial avec E.Leclerc. À Montpellier, fin de course pour le centre commercial Oxylane, porté par Decathlon, après sept années de lutte des collectifs locaux.

Le 25 septembre 2020, lors d’une action d’occupation des terres menacées par le projet à Montpellier, aujourd’hui abandonné. © David Richard/Reporterre

• Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux

À Langoëlan (Morbihan), la justice a retoqué l’arrêté préfectoral permettant la construction d’un poulailler de 120 000 volatiles. Dans les Côtes-d’Armor, la justice a aussi annulé l’arrêté permettant d’abattre 8 000 choucas des tours (Coloeus monedula). Un oiseau que les agriculteurs estimaient responsable de la dégradation de leurs champs de maïs. Enfin, le célèbre magazine féminin Elle va arrêter de promouvoir la fourrure animale dans ses pages.

Une corneille noire. Pixabay/CC/MabelAmber

• Et on repart avec (en)train !

Malgré son amour inconditionnel du transport aérien, Jean-Baptiste Djebbari, le ministre des Transports, a relancé le train de nuit. Une dizaine de lignes reviendront sur les rails d’ici 2030. Le train des primeurs, qui transportait des fruits et légumes entre Paris et Perpignan, est également de retour après deux ans d’arrêt.

Enfin, ajoutons le quasi-abandon d’un aéroport pour jets privés en Gironde. Même si les opposants restent vigilants face à une éventuelle entourloupe des autorités locales.

• Que justice soit fête

Il n’y aura plus de pesticides dans les zones Natura 2000. Le Conseil d’État a donné six mois au gouvernement pour réduire ou réglementer l’utilisation des produits phytosanitaires dans ces zones protégées, réserves de biodiversité.

Pas de prison pour le moment. Les militants de Greenpeace, qui avaient repeint un avion en vert, ont échappé au procès, le tribunal ayant constaté l’illégalité de leur rétention et la violation flagrante de leurs droits. Le juge a donc refusé d’examiner cette affaire au fond, en considérant qu’il n’était pas régulièrement saisi.

Le 4 novembre 2021, lors du procès des militants de Greenpeace à Bobigny (Seine-Saint-Denis). © Greenpeace

• Salut, ça farte ?

On ne pourra pas surfer sur le lac du Bourget. La société qui souhaitait créer une vague artificielle a jeté l’éponge face à une opposition trop importante.

Pas de remontées mécaniques au sommet du mont Joly (Haute-Savoie). Le projet visant à relier les domaines skiables de Saint-Gervais et des Contamines va rester dans les cartons.

Les Contamines-Montjoie, pistes de ski du mont Joly. Wikimedia Commons/CC BY 3.0/Jean-Pol Grandmont

• Divers (de terre)

La Banque postale s’est engagée à ne plus financer les énergies fossiles. Une position rare qui l’isole du reste du secteur bancaire français, toujours plus avide d’hydrocarbures.

Le campus d’AgroParisTech à Grignon (Yvelines), lui, ne tombera pas dans l’escarcelle d’un promoteur immobilier.

• Hasta la victoria siempre !

En Serbie, le gouvernement a retiré la loi d’expropriation, qui devait permettre d’exploiter une grande mine de lithium. Une victoire pour le mouvement populaire qui s’oppose depuis des semaines à ce projet.

En Suisse, un gréviste de la faim a obtenu que les parlementaires soient formés sur les questions climatiques.

En Inde, les paysans ont obtenu le retrait de la « réforme » agricole contre laquelle ils se battaient depuis un an.

Enfin, Total va pouvoir être jugé sur ses exactions commises en Ouganda, pour exploiter des puits de pétrole.

C’est maintenant que tout se joue…

La communauté scientifique ne cesse d’alerter sur le désastre environnemental qui s’accélère et s’aggrave, la population est de plus en plus préoccupée, et pourtant, le sujet reste secondaire dans le paysage médiatique. Ce bouleversement étant le problème fondamental de ce siècle, nous estimons qu’il doit occuper une place centrale et quotidienne dans le traitement de l’actualité.

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