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La demande d’autorisation de création de Cigéo repoussée à 2019

18 juillet 2017



La demande d’autorisation de création du centre de stockage de déchets radioactifs en couche géologique profonde Cigéo, qui devait être adressée à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) en 2018, sera repoussée à mi-2019, a indiqué Pierre-Marie Abadie, directeur général de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), dans une interview accordée au Monde du lundi 17 juillet.

« Nous prévoyons désormais de déposer la demande d’autorisation de création de Cigéo mi-2019, a informé M. Abadie. Nous nous donnons douze mois de plus car, à mi-chemin de l’avant-projet détaillé, nous demandons à nos ingénieurs et aux bureaux d’ingénierie d’intégrer les variantes étudiées et les améliorations réalisées au cours des derniers mois. Il ne s’agit pas d’un report lié à l’avis de l’IRSN, mais d’un choix d’approfondissement du projet, permettant des économies substantielles avec la même exigence de sûreté. »

Vendredi 7 juillet, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) avait publié son évaluation du dossier « d’Option et de Sûreté du projet Cigéo ». Il y estimait que le projet avait atteint « une maturité technique satisfaisante », mais pointait des lacunes de sécurité : le stockage des déchets « ne [présentait] pas les garanties de sûreté suffisantes », notamment en ce qui concerne les déchets bitumineux (boues issues du traitement du combustible placées dans un enrobage de bitume, pour la plupart entreposées sur le site de Marcoule dans le Gard).

« Le sujet est identifié de longue date mais il relève d’abord de la filière nucléaire, c’est-à-dire des producteurs de déchets eux-mêmes », a répliqué M. Abadie dans cette interview. « Deux options sont possibles : pour l’Andra, optimiser les dispositifs de stockage de ces déchets pour se prémunir contre le risque d’incendie, ou, pour les producteurs, définir un procédé permettant de neutraliser la réactivité thermique des enrobés, par vitrification par exemple. Nous allons travailler sur ces deux voies pour retenir la meilleure stratégie dans le projet, tel que nous le présenterons dans la demande d’autorisation de création adressée à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui sera décisionnaire. »






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