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La crise du coronavirus prouve « la nécessaire refondation de nos systèmes agricoles et alimentaires »

20 mars 2020



Vendredi 20 mars, la Confédération paysanne, a publié une lettre ouverte intitulée « Coronavirus : La nécessaire refondation de nos systèmes agricoles et alimentaires ».

La crise du coronavirus « montre que bien des domaines de notre quotidien doivent être extraits des logiques de compétition mondiale, de recherche de profit à tout prix, de financiarisation de l’économie réelle, de spécialisation des territoires », écrit le syndicat agricole. Il fait ainsi référence au président Emmanuel Macron qui déclarait la semaine dernière : « Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner, notre cadre de vie [..] à d’autres est une folie. Nous devons en reprendre le contrôle. »

Dans cette lettre, le syndicat affirme :

Si on continue à piller les ressources naturelles, à considérer la terre, le vivant et la main d’œuvre comme des marchandises comme les autres, à produire l’alimentation comme une denrée industrielle standardisée et échangeable à travers la planète, comment ferons-nous face à l’effondrement de la biodiversité, aux conséquences sanitaires et agronomiques du changement climatique ? [...] Si on continue à construire des filières internationalisées dont le moindre choc économique, sanitaire, climatique engendre une volatilité catastrophique des marchés, comment garantir des prix justes, stables et sécurisés pour nous paysans qui vous nourrissons ici et ailleurs ?

« Il faut trouver des solutions concrètes, innovantes et durables pour tous les paysans »

D’après la Confédération paysanne, la pandémie actuelle touche particulièrement les paysans et paysannes : « Les modes de distributions et commercialisations qui font vivre des dizaines de milliers de paysan.ne.s et concernent des millions de citoyen.ne.s sont sous pression. Il faut trouver des solutions concrètes, innovantes et durables pour tou.te.s les paysan.ne.s, touché.e.s, parce qu’ils.elles dépendent du système mondialisé, de contrats avec la restauration hors domicile, de marchés de plein vent dont l’ouverture est incertaine. »

« Il n’est pas question de répondre à la mondialisation et au système financier capitaliste par une autarcie ou le repli sur soi, mais bien de remettre au cœur des politiques publiques la question de l’autonomie », précise le syndicat.






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