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La caravane de l’Atomik tour en route pour un débat public alternatif sur le nucléaire

17 janvier 2019 / Émilie Massemin (Reporterre)



L’Atomik tour, une caravane d’information « indépendante » et de débat sur le nucléaire, est partie mercredi 16 janvier de Bure (Meuse) pour une durée de huit mois. Première étape, Lunéville (Meurthe-et-Moselle), jusqu’au samedi 19 janvier ; puis Colmar (Haut-Rhin), Strasbourg et Kolbsheim (Bas-Rhin), Metz (Moselle), la Normandie, la Nouvelle-Aquitaine... « Chacune des cinquante étapes prévues de cette caravane sera l’occasion de diffuser une information indépendante sur le nucléaire civil et militaire, et d’organiser des discussions publiques pour questionner l’attachement de la France à cette énergie du passé », indique l’Atomik tour dans un communiqué diffusé mercredi 16 janvier. Le retour à Bure est prévu pour le festival Bure’lesques, les 9, 10 et 11 août 2019.

Le calendrier des étapes de l’Atomik tour

Une camionnette et une caravane équipé d’un infokiosque –- « des présentoirs avec pas mal de documentation », précise Angèle, membre de la caravane –- permettront à un petit groupe de la lutte à Bure d’aller à la rencontre des habitants et des associations locales antinucléaires et de lutte contre les « grands projets inutiles et imposés ». « L’idée est d’aller voir les groupes locaux pour recréer du lien et réfléchir aux perspectives de la lutte, si elle doit rester concentrée sur les équipements ou s’élargir au nucléaire et son monde », explique Angèle.

« S’intéresser à ce qui fait que les Français sont attachés au nucléaire »

Chaque étape donnera lieu à un événement, dont la forme sera définie en fonction des envies des groupes locaux. « Par exemple, le groupe de Charleville-Mézières, où nous serons du 28 au 30 janvier, aura un cinéma à sa disposition. Nous avons donc opté pour la projection du documentaire Nucléaire, la fin d’un mythe suivie d’une discussion, explique Angèle. « Nous avons envie de prendre le temps, de privilégier la qualité de l’échange avec le public. Et surtout, de ne pas parler de Fessenheim à Fessenheim mais de s’intéresser au rapport de la population au nucléaire, à ce qui fait qu’elle y est attachée en dépit du risque d’accident, pour des raisons de confort électrique ou de rayonnement industriel de la France. Parfois, il suffit d’en parler pour aider les gens à prendre de la distance avec ces arguments. »

Cette initiative se veut une alternative au débat public sur le plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR), qui devait débuter en janvier mais a été repoussé en mars en raison de la mobilisation des Gilets jaunes et de l’organisation du grand débat national. D’une durée de trois mois, il est organisé par une commission particulière de la Commission nationale du débat public (CNDP), toujours présidée par Chantal Jouanno. Au menu des discussions, un certain nombre de projets comme Cigéo, mais aussi aussi une nouvelle piscine pour l’entreposage des combustibles Mox usés, dans le centre de la France. « Toutes les associations locales opposées à Cigéo appellent à boycotter le débat, refusant de cautionner et de cogérer ce projet en choisissant la couleur des fûts ou leur papier d’emballage », peut-on lire dans la présentation de l’Atomik tour.


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