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L’usage des pesticides est en forte hausse

8 janvier 2020



Après un an d’attente, les chiffres 2017-2018 sur l’évolution de la consommation des pesticides de l’agriculture française ont été rendus publics mardi 7 janvier. Ils indiquent une forte hausse de la consommation — + 21 % — de ces produits en 2018 par rapport à 2017. Surtout, l’usage de ces substances a augmenté de 20 % par rapport à 2009 (et + 25 % en moyenne triennale glissante). L’objectif initial du plan Ecophyto était pourtant de réduire de 50 % l’usage des pesticides pour 2018.

Selon le gouvernement, l’augmentation forte observée en 2018 « paraît liée à une anticipation des achats en fin d’année 2018, en prévision de l’augmentation de la redevance pour pollution diffuse qui taxe les substances les plus préoccupantes au 1er janvier 2019 ». Et le ministère de la Transition écologique de relativiser dans un communiqué : « Dans le même temps, le nombre et les quantités de substances les plus préoccupantes diminuent d’année en année ; la quantité de produits de biocontrôle augmente, tout comme l’engagement des agriculteurs dans des démarches reconnues économes en produits phytosanitaires. »

Pour les associations environnementales en revanche, cette nouvelle est catastrophique : « Cette hausse alarmante de la consommation de pesticides questionnent sur le poids des lobbys dans notre pays, a déclaré Claudine Joly, en charge des questions pesticides à France Nature Environnement. Plus de 600 millions d’euros d’argent public ont été investis sur 10 ans pour réduire la consommation de pesticides en France dans le cadre d’Ecophyto ! Il est plus que temps de tirer le bilan des blocages structurels dans le monde agricole et d’aller vers des solutions de soutien plus affirmées à la transition agroécologique et à l’agriculture biologique  ».

Générations Futures a dénoncé « cette hausse considérable de la dépendance de notre agriculture aux pesticides qui marque l’échec total de ce plan Ecophyto », et a demandé un « sursaut de la part du gouvernement », et une « évolution radicale » de ce plan de réduction des pesticides : « il doit imposer des objectifs de réduction par culture et par région, décroissants dans le temps année après année, qui soit contraignants et dont le non-respect déclenche des sanctions, notamment financières, a expliqué l’ONG. A l’inverse les agriculteurs les plus performants dans le domaine de la réduction de l’usage des pesticides doivent être soutenus et aidés pour les efforts qu’ils déploient, l’ensemble pouvant s’assimiler à un système de bonus/malus. »

 Source : Reporterre.






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