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Europacity : des citoyens bloquent le début du chantier

26 juin 2019 / Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre)



 Gonesse (Val d’Oise), reportage

Ce mercredi 26 juin, au petit matin, une soixantaine de citoyens se sont rassemblés sur le Triangle du Gonesse, pour protester contre le début des travaux de la gare « Triangle-de-Gonesse », comprise dans le projet de la ligne 17 du futur métro du Grand Paris Express (GPE). Le permis de construire de la gare Triangle-de-Gonesse avait été validé en septembre 2018.

Un grand sillon de 12 mètres de largeur, s’étendant sur des centaines de mètres, a été creusé par les machines en plein champ. « Ça correspond, pour nous, au début des travaux et à l’installation des canalisations, explique Bernard Loup, président du Collectif pour le triangle de Gonesse (CPTG). On se sait même pas qui est le maître d’ouvrage ! La Société du Grand Paris ? Grand Paris Aménagement ? Le Syndicat Intercommunal Aménagement Hydraulique Vallées ? Nous aimerions bien savoir ! »

Cette gare pourrait rendre irréversible l’urbanisation du triangle de Gonesse. « C’est une gare qui ne desservirait pas les Gonessiens : la première habitation serait située à 1,7 kilomètre de la gare ! déplore Steven Januario Rodrigues, du mouvement politique Nous gonessiens. Aucun habitant ne rêve de prendre le métro ici. »

Elle desservirait en fait le projet gigantesque EuropaCity, d’un demi-millier de boutiques, de quatre hôtels, d’une piste de ski, d’une salle de spectacle, des cinémas, d’un centre aquatique et d’un palais des congrès.

Un dessein estimé à 3,1 milliards d’euros, actuellement ballotté entre décisions politiques et judiciaires. Ses promoteurs, le groupe Auchan et le conglomérat chinois Wanda, restent décidés à ériger le mégacomplexe commercial, culturel et sportif, et aspirent à y attirer près de 30 millions de visiteurs par an. Mais l’opposition est tenace et déterminée à lutter : sur le terrain judiciaire, le PLU et la ZAC devant permettre l’urbanisation du Triangle de Gonesse ont été refusés.


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