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Reportage — Régionales 2022

En Île-de-France, « un coup dur » pour Julien Bayou et l’union de la gauche

Dimanche 27 juin, Valérie Pécresse, tête de liste de la droite et du centre, a emporté de nouveau la région d’Île-de-France. La liste d’union de la gauche portée par Julien Bayou a terminé à la deuxième place. Entre déception et espoir d’une nouvelle dynamique pour l’avenir, reportage au quartier général du secrétaire national d’EELV, à Paris.

Paris, reportage

« Qu’est-ce qui se passe ici ? » Devant Le Hang’art, bar-restaurant-galerie du XIXᵉ arrondissement de Paris, une dame habillée d’une longue robe verte, venue pour boire un verre, se demande pourquoi l’entrée n’est pas autorisée au public. Quand elle apprend que c’est là qu’est installé le quartier général de Julien Bayou pour le second tour des élections régionales en Île-de-France, elle lance avec humour : « Mais en plus, j’ai voté pour lui aujourd’hui ! » Elle n’aurait de toute façon pas pu trinquer à la victoire de son poulain : la liste d’union de la gauche menée par le secrétaire national d’Europe Écologie—Les Verts (EELV), allié pour ce second tour avec Clémentine Autain (La France insoumise — Parti communiste) et Audrey Pulvar (Parti socialiste), a perdu son pari. Il s’est en effet incliné avec environ 33 % des voix face à la présidente sortante Valérie Pécresse (union de la droite et du centre, 46,20 %), le tout dans un contexte marqué une nouvelle fois par une très importante abstention (66,74 % dans la région).

« Nous pouvons être fiers de ce que nous avons accompli. Ce soir, ça n’a pas suffi. C’est un coup dur », reconnaît après la diffusion des résultats définitifs Julien Bayou, accueilli sur l’estrade par quelques dizaines de militants et militantes aux cris de « Tous ensemble, tous ensemble, hé, hé ». Mais le patron d’EELV, qui a dénoncé « la violence de cette campagne [et] les injures et les diffamations répétées de [leurs] adversaires », se veut optimiste : « Nous avons montré notre capacité à nous unir autour d’un projet commun contre les forces réactionnaires. […] L’espoir est là. » Et de réitérer longuement avec Clémentine Autain et Audrey Pulvar, présentes à ses côtés, le « check » réalisé quelques jours plus tôt à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) au moment de l’annonce de la fusion de leurs listes. Ovation dans la salle.

« 33 % des voix, ça n’est pas rien »

La députée de la France insoumise, qui évoque devant les très nombreux journalistes « l’abstention terrible » et la nécessité de renouer un lien de confiance entre les politiques et les citoyens et citoyennes, est sur la même ligne : « Nous avons réussi à agglomérer nos forces et à créer une dynamique et de l’espoir. Ce sera sans doute quelque chose qui fera figure de point d’appui pour l’avenir. […] On connaît l’état de ce pays : des problèmes structurels ne vont pas se régler en une élection. »

D’autres sont plus mesurés, à l’image de ce quinquagénaire sympathisant d’EELV qui affirme, tout en observant Julien Bayou en duplex pour la télévision, être « beaucoup moins enthousiaste qu’eux » : « C’est vraiment une défaite pour le rassemblement de la gauche : leur liste n’a pas réussi à mobiliser les électeurs. Par ailleurs, il n’y a pas vraiment eu de campagne pour ces élections. » Benoît Hamon, fondateur du mouvement Génération-s et numéro 2 sur la liste d’union de la gauche dans les Yvelines, évoque « l’immense vague réactionnaire qui a marqué cette campagne » et qui, corrélée à l’énorme abstention, « a donné les résultats de ce soir ». Mais l’ex-candidat à l’élection présidentielle de 2017 pour le PS, venu avec dans la poche de son blazer un livre de science-fiction, n’évoque pas pour autant une soirée totalement dystopique : « Un mouvement de recomposition intellectuelle et politique du clivage droite-gauche est en route. »

Muriel Casalaspro, huitième sur la liste en Seine-Saint-Denis, assure de son côté ressentir « une grande déception… » tout en soulignant dans le même temps des résultats « encourageants » : « Bien sûr, on aurait aimé gagner ces élections de façon à montrer aux Franciliens et Franciliennes qu’une région écolo peut leur être utile au quotidien. Mais 33 % des voix, ça n’est pas rien, cela donne de l’espoir. On va à présent se battre dans l’opposition. »

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