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Emmanuel Macron critique les marches pour le climat : « Qu’ils aillent manifester en Pologne ! »

23 septembre 2019



« Les dénonciations, on est au courant. Défiler tous les vendredis pour dire que la planète brûle, c’est sympathique, mais ce n’est pas le problème », a déclaré Emmanuel Macron au Parisien, dans la nuit du dimanche 22 au lundi 23 septembre. Le président de la République était alors à bord de son avion présidentiel, en route pour New York, où il est attendu de même qu’une soixantaine de dirigeants mondiaux pour un sommet spécial sur le climat à l’occasion de l’assemblée générale des Nations unies.

Emmanuel Macron préconise plutôt d’entrer « dans une forme d’action collective ». « Je préfère que tous les vendredis, on fasse de grandes opérations de ramassage sur les rivières ou les plages corses », a-t-il indiqué, faisant référence à la grève mondiale pour le climat du vendredi 20 septembre, qui a mobilisé quatre millions de personnes dans près de 160 pays. En France, environ 10.000 personnes ont manifesté à Paris et des cortèges se sont élancés à Nantes, Rouen, Cannes Pau, Bourges, Avignon, Nice, Strasbourg, Toulon, Lyon ou Toulouse.

Le président de la République a également accusé la Pologne de bloquer la transition énergétique à l’échelle européenne. Les 20 et 21 juin à Bruxelles, la Pologne, la République tchèque, la Hongrie et l’Estonie s’étaient opposées à ce que l’objectif de neutralité carbone en 2050 soit inscrit dans le paquet énergie-climat. « Mon objectif, c’est de convaincre les autres pays de bouger », a affirmé Emmanuel Macron. Avant d’interpeller la jeunesse européenne : « Qu’ils aillent manifester en Pologne ! Qu’on vienne m’aider à faire bouger ceux que je n’arrive pas à faire évoluer ! » Passant sous le silence que la France était elle-même largement en retard sur ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de transition énergétique, comme l’a montré l’observatoire climat-énergie dans un bilan rendu public mercredi 18 septembre.


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