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Des activistes ont perturbé une conférence de l’industrie du gaz à Paris

7 novembre 2019



 Paris, reportage

Une cinquantaine d’activistes des Amis de la Terre et d’ANV-COP21 ont interrompu la conférence annuelle européenne du gaz (EAGC) qui se tenait à l’hôtel Intercontinental Paris, mercredi 6 novembre à partir de 14 h. Un petit groupe a réussi à s’introduire dans l’amphithéâtre et à interrompre la conférence à laquelle assistaient quelque 300 représentants de l’industrie gazière : industriels comme Total et Eni, lobbies, financeurs publics parmi lesquels la Commission européenne et privés — la Société générale, seule banque française présente à l’événement. Vers 16 h 30, les organisateurs ont annoncé l’annulation de la conférence.

« L’objectif opérationnel est atteint, s’est réjoui Lorette Philippot, chargée de campagne finance privée aux Amis de la Terre. Nous voulions interrompre - cet événement pour demander l’arrêt des financements aux énergies fossiles. En particulier, nous demandons aux députés de rejeter les soutiens à l’export accordés au pétrole et au gaz, actuellement en discussion à l’Assemblée nationale dans le cadre du projet de loi de finances pour 2020. Ces soutiens subventions soutiennent des projets d’exploration pétrolière et gazière, en particulier en Arctique et au Mozambique, et l’Etat n’entend pas y renoncer. Par ailleurs, cette action s’inscrit dans notre campagne contre la Société générale qui soutient des projets d’exploitation du gaz de schiste en Amérique du Nord parmi lesquels le terminal d’exportation Rio Grande LNG au Texas, défendu par Trump. »

Pendant le blocage de la conférence, le reste des activistes sont restés dans le café de l’hôtel où ils ont enchaîné les prises de parole contre les énergies fossiles et les slogans. « Le gaz est composé de 95 % de méthane au pouvoir 86 fois plus réchauffant que le CO2 », a alerté Cécile Marchand, chargée de campagne climat et acteurs publics aux Amis de la Terre. « Le compte a rebours résonne, les bombes sont armées et vous avez le doigt sur le détonateur. Vous devez tenir compte de la science. L’avenir que vous nous préparez nous tétanise et nous enrage à la fois », a poursuivi Sixtine Dano, porte-parole d’ANV-COP21. « Rio Grande LNG, pour des étés à 70°C ! », ont scandé les activistes.

Cécile Marchand, des Amis de la Terre, en plein dialogue avec un participant

Les participants n’ont que mollement réagi à l’interruption. « Je trouve dommage qu’ils interrompent un débat intéressant sur la décarbonation du gaz, a réagi un participant, membre de ’l’ingénierie française du gaz’, qui a souhaité conserver l’anonymat. Aujourd’hui, la pression du marché est forte pour produire de l’énergie en diminuant les émissions de gaz à effet de serre. Nous essayons de trouver un moyen économique d’y parvenir, tout en continuant à fournir de l’énergie à un prix convenable. Par exemple, grâce à la capture du carbone au niveau des usines : à Dunkerque, en France, ce système n’est encore qu’à l’état de prototype, mais des systèmes industriels fonctionnent déjà en Suisse, en Norvège et en Angleterre. »

Vers 17 h, les activistes ont quitté l’hôtel de leur plein gré, escortés par les forces de l’ordre. Les forces de l’ordre les ont ensuite encerclés à la sortie de l’hôtel avant de les reconduire par petits groupes au métro Opéra.

La sortie de l’hôtel Intercontinental, vers 17 h





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Texte : Emilie Massemin (Reporterre)

Photos : © Emilie Massemin/Reporterre

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