Accueil > Brèves >

Casino mis en demeure de ne plus vendre de bœuf issu de la déforestation

21 septembre 2020



Une coalition internationale d’associations (Canopée, Envol Vert, Mighty Earth, Notre affaire à tous et Sherpa) et d’organisations représentatives des peuples indigènes de Colombie et du Brésil (Opiac, Coiab) ont mis en demeure lundi 21 septembre le groupe d’hypermarchés Casino d’exclure le bœuf issu de la déforestation et l’accaparement de territoires autochtones de sa chaîne d’approvisionnement au Brésil et en Colombie.

L’élevage bovin est en effet la cause principale de la déforestation de l’Amazonie. Les enquêtes menées depuis près de dix ans ne cessent de pointer la responsabilité des abattoirs et des distributeurs. Non seulement ils s’approvisionnent régulièrement en viande bovine provenant de zones récemment déforestées mais ils ferment les yeux sur les pratiques de « blanchiment de bétail » visant à contourner la législation brésilienne. Ces pratiques permettent à des exploitations responsables de crimes environnementaux de vendre leurs bœufs en toute impunité.

Le groupe Casino est le leader de la distribution au Brésil à travers sa filiale Grupo Pão de Açúcar. En juin 2020, l’association Envol Vert publiait une enquête accablante, mettant en évidence des preuves de déforestation récente et de pratiques d’accaparement de terres menée à partir d’échantillons de produits carnés vendus dans plusieurs supermarchés du groupe Casino dans le pays.

Depuis 2017, le groupe Casino est pourtant soumis à la loi française sur le devoir de vigilance qui lui impose de prendre des mesures adaptées pour prévenir les atteintes graves aux droits humains, à l’environnement et à la santé et sécurité des personnes résultant de ses activités, de celles de ses filiales, fournisseurs et sous-traitants. Alors que le groupe Casino reconnaît explicitement que la chaîne d’approvisionnement en viande bovine au Brésil est exposée à des risques extrêmement graves, sa politique en la matière est manifestement défaillante.

Les associations Opiac, Coiab, Canopée, Envol Vert, Mighty Earth, Notre affaire à tous et Sherpa demandent formellement au groupe Casino de respecter ses obligations légales en prenant les mesures nécessaires pour exclure tout le bœuf issu de la déforestation de sa chaîne d’approvisionnement. Si l’entreprise ne se met pas en conformité dans un délai de trois mois prévu par la loi, les associations entendent saisir la juridiction compétente.

Après la diffusion de cette information, le groupe Casino a vivement réagi :

Alors que le Groupe Casino respecte en tous points le devoir de vigilance et porte une attention soutenue aux questions de déforestation de l’Amazonie et d’élevages bovins, certaines ONG ont fait le choix contestable de porter sur un plan polémique et inutilement contentieux cette problématique.

Le groupe indique que « non seulement il se conforme scrupuleusement à ses obligations légales mais également qu’il ne cesse, en partenariat avec des ONG locales et internationales, d’améliorer les procédures de contrôle des fournisseurs et des fermes. C’est ainsi que depuis juillet 2020 il a mis en place un protocole de contrôle des fournisseurs de viande bovine au Brésil porté par l’ONG IMMAFLORA ».






Vous avez aimé cet article ? Soutenez Reporterre.

Lire aussi : La déforestation en Amazonie est liée à l’exportation vers l’Europe de bœuf et de soja, montre une étude scientifique
Dans les mêmes dossiers       Forêts tropicales



Sur les mêmes thèmes       Quotidien