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Bébés sans bras : les experts n’ont pas répondu aux questions

15 juillet 2019



Après plusieurs mois d’enquête, le Comité d’experts scientifiques mandatés pour enquêter sur les cas de malformations des bébés sans bras a présenté le 12 juillet 2019 un premier rapport très attendu.

Il s’agissait d’abord de déterminer si les taux de malformations survenues dans l’Ain, la Loire-Atlantique ou le Morbihan étaient supérieurs aux taux de malformations classiques dans la population, établi normalement à 1,7 cas sur 10.000 naissances. Beaucoup de cas on été écartés, soit parce qu’ils sont dus à des causes « mécaniques » ou génétiques établies, soit parce qu’il s’agit d’autres malformations que celle considérée : le fait qu’un bébé naisse sans avant bras, sans main ou sans doigts, ce qu’on appelle une agénésie transverse d’un membre supérieur (ATMS). Sur les 13 bébés nés sans bras, 6 ont finalement été déclarés comme ATMS, 2 autres écartés, 1 cas retiré et les 4 autres jugés « hors période d’étude ».

Les cas de malformations, s’ils s’avèrent être présents en nombre suspect, forment des clusters. Dans le Morbihan, les experts ont confirmé le cluster. La Loire-Atlantique ne disposant pas de registre des malformations, les experts n’ont pas voulu se prononcer avant une enquête complémentaire. Quant à l’Ain, d’où est partie l’alerte grâce la directrice du Registre des malformations en Rhône-Alpes (Remera) Emmanuelle Amar, le comité a exclu l’existence d’un cluster.

Afin de connaître les causes de ces malformations, les scientifiques ont recommandé de mener des investigations complémentaires pour cibler notamment les substances à rechercher. « On va regarder les cahiers d’épandage et revérifier s’il n’y a pas eu de substances particulières dans ce village (du Morbihan, ndlr). […] On se donne tous les moyens pour trouver la cause mais c’est probable qu’on ne trouve rien », a affirmé la professeure Alexandra Benachi, présidente du comité d’experts.

L’association Réseau environnement santé déplore dans un communiqué que ce rapport ait éliminé « un certain nombre de cas par une approche purement clinique. L’agrégat du département de l’Ain a été invalidé en diminuant la plage de temps sur laquelle les cas sont répertoriés (...), ce qui ressemble plus à un tour de passe-passe qu’à une analyse statistique. » Par ailleurs, « aucune hypothèse sur les causes environnementales n’a été sérieusement analysée », estime-t-elle encore.






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