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Arcelor Mittal accusé de pollution à l’acide, le maire de Florange porte plainte

8 novembre 2019



Accusé d’avoir déversé 400 litres d’un mélange d’acide chlorhydrique et d’hydrocarbures dans une petite rivière près de son site de Florange, le groupe sidérurgique Arcelor Mittal dément son propre document interne qui faisait état de cette pollution. Le maire a annoncé qu’il portait plainte.

Les faits, dénoncés par la CGT, se seraient produits mercredi 30 octobre au niveau de la cokerie de l’usine en Moselle. « Suite à un incident d’exploitation sur des pompes, cet acide s’est retrouvé dans des bacs de rétention, a été pompé par un de nos prestataires, et a été, suite à une consigne, vidé dans une petite station d’épuration sur l’entité de la cokerie », explique le responsable CGT Lionel Buriello à France bleu. Sauf que le mélange entre acide chlorhydrique et hydrocarbures aurait provoqué « une réaction chimique ». « Cela a moussé, cela n’a pas été contenu, et tout cela a été déversé directement dans la Fensch », poursuit Lionel Buriello. C’est ce petit cours d’eau, qui passe proche de la cokerie — l’installation servant à transformer le charbon en coke, le combustible utilisé dans les hauts fourneaux — qui aurait ainsi été pollué.

Une version que l’on retrouve dans un document interne, dont France 3 Lorraine s’est procuré les constatations, décrivant le déroulement précis des faits de ce mercredi 30 octobre. « La consigne a été donnée de déverser les 400 litres d’acide [chlorhydrique] dans la vis sans fin du décanteur Nord ce qui a immédiatement provoqué une réaction chimique entre l’acide et les hydrocarbures en décantation. Un important débordement a envoyé le mélange acide/hydrocarbures directement dans la Fensch », détaillait alors le document rédigé par des pompiers et un responsable.

Une version désormais démentie par la direction de l’entreprise qui assure, mardi 5 novembre, qu’« aucun rejet d’acide n’a eu lieu ». « Cette possibilité avait été évoquée par erreur dans un premier rapport d’intervention interne, mais elle a été écartée rapidement », écrit-elle dans un communiqué tout en expliquant que les irisations constatées sur la Fensch « sont la conséquence d’une opération sur notre station de traitement des eaux de la cokerie ».

Une nouvelle version qui ne semble convaincre ni les syndicats ni le maire Les Républicains de Florange, la ville où est implantée l’entreprise. Selon lui, « la Fensch a connu cinq épisodes de pollution constatés depuis le 8 mars ». « C’est la réputation du groupe Arcelor Mittal, du site de Florange, du territoire de Florange et de la Fensch qui est entamée ! », s’est agacé Rémy Dick auprès de France 3 Lorraine tout en s’inquiétant pour ses administrés, leur cadre de vie, leur santé et leur environnement.






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