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164 défenseurs de l’environnement assassinés en 2018

26 août 2019



Au moins 164 défenseurs de l’environnement ont été tués en 2018, selon le bilan annuel de l’ONG Global Witness, et un nombre incalculable d’autres personnes ont été réduites au silence par la violence, l’intimidation et l’utilisation ou le dévoiement de lois anti-manifestation et autres tactiques conçues pour réprimer les manifestations, telles que les arrestations, les menaces de mort, les poursuites et les campagnes de diffamation. Tous se défendaient contre des projets miniers, forestiers ou agro-industriels. L’ONG constate partout dans le monde une criminalisation croissance des défenseurs.

La lutte pour l’eau passe au premier plan

À l’échelle mondiale, le nombre réel de meurtres est probablement beaucoup plus élevé, car les cas font rarement l’objet d’enquêtes et ne sont souvent pas repérés. Il est difficile de trouver ou de vérifier des preuves fiables.

Les Philippines ont enregistré le plus grand nombre de morts au monde, avec 30 victimes. La plus forte augmentation des meurtres a eu lieu au Guatemala, avec 16 meurtres confirmés, plus de cinq fois plus en 2018 qu’en 2017. C’est le pays avec le plus grand nombre de morts par habitants. La Colombie et l’Inde ont, elles, compté 24 et 23 morts en 2018.

Le secteur le plus meurtrier est celui des mines, avec 43 décès confirmés et le nombre de meurtres liés à la défense des sources d’eau dans le monde a également augmenté, passant de quatre en 2017 à 17 en 2018. Parmi les auteurs présumés de la violence, on trouve les agents de sécurité des entreprises, les forces de l’État et des tueurs à gages, les trois travaillant souvent en collaboration.

Cette année, pour la première fois, Global Witness tire également la sonnette d’alarme quant à la criminalisation des militants et de leurs communautés. Des preuves provenant de tous les continents montrent que les gouvernements et les entreprises utilisent les tribunaux et les systèmes juridiques comme instruments d’oppression contre ceux qui, pour préserver leurs terres et les écosystèmes, menacent leur pouvoir et leurs intérêts.

L’utilisation abusive de lois existantes visant à arrêter les terroristes ou à protéger la sécurité nationale, et la création de nouvelles règles pour interdire les manifestations ou museler la liberté d’expression sont de plus en plus fréquentes, y compris aux États-Unis ou en Europe, ce qui permet de prétendre que les attaques contre les défenseurs sont légitimes.

Une grande partie de la persécution des défenseurs de la terre et de l’environnement est provoquée par la demande de terre et de matières premières nécessaires aux produits que nous consommons chaque jour, que ce soit la nourriture, le téléphone portable ou les bijoux.

 Source : Elisabeth Schneiter avec :
. Global witness

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